Back to list

Added Aug 26, 2016

Culture et démocratie locale : le danger du "projet Macron"


"Je n'ôterai pas un euro au budget de la Cuture", annonce Emmanuel Macron, candidat à la présidence de la République. L'homme pourrait bien être le futur hôte de l'Elysée. Ses paroles n'en ont que plus de poids.

Je voudrais bien le croire, mais j'ai, sur ce domaine particulier, bien des difficultés à le suivre.

Voici aussi que le candidat annonce son intention de "supprimer la taxe d'habitation". Entendons par là qu'il veut supprimer aux élus territoriaux toute autonomie budgétaire, puisque cette ressource sera remplacée par une dotation de l'Etat.

Cela signifiera qu'une fois la taxe d'habitation supprimée, l'Etat décidera à la place des élus communaux ce qu'il financera, et ce qu'il ne financera plus.

S'il est un secteur très sensible dans le budget des communes, c'est la culture. Grâce aux collectivités locales, le monde de l'art et de la création trouve un vaste champ d'expression. Théâtre vivant, danse, arts plastiques, musique, etc. ont leurs écoles dans toutes les villes et de nombreux bourgs d'importance moyenne.

L'action culturelle des communes, c'est encore l'entretien et la sauvegarde du patrimoine local, l'entretien des églises et monuments, le financement de musées locaux, l'organisation de spectacles, concerts et festivals, le soutien aux associations.

En devenant totalement soumis aux dotations de Bercy et aux enveloppes gérées par les préfets, les élus locaux n'auront plus aucun horizon financier car le bugdet de l'Etat est voté pour un an seulement, et nul ne sait de quoi sera faite l'année suivante. Actuellement, les dotations de l'Etat baissent d'année en année...

Les maires et conseillers municipaux ne pourront donc plus s'engager auprès du vaste mouvement associatif et culturel comme ils le font actuellement. Il suffira d'un resserement budgétaire de l'Etat à l'adresse des communes pour que tous les projets locaux s'effondrent. En premier lieu - car c'est toujours ainsi - des coupes claires dans les projets culturels, pour ne s'en tenir qu'aux fonctions ordinaires : chauffer les écoles, réparer les trottoirs, payer le personnel, la police municipale et la vidéo surveillance. Point barre.

Imaginons encore l'extrême-droite, ou un régime rétrograde et autoritaire aux gouvernes du pays : C'en sera fini définitivement des politiques culturelles locales et régionales car l'Etat pourra couper à sa guise les vivres des troupes et des créateurs locaux et régionaux en privant les communes des budgets nécessaires aux projets culturels, quels qu'ils soient.

Emmanuel Macron, l'homme de la modernité, aura alors consciensieusement  pavé une route sur lequel FN pourra s'engager sans porter la moindre des responsbilités d'une politique culturelle locale réduite à des tirs de feux d'artifice et une fête de la bière.

C'est mon point de désaccord majeur avec E. Macron - pour lequel je voterai s'il est face à l'extrême-droite de Marine Le Pen qui présente d'autres dangers pour la démocratie, la cohésion économique et sociale du pays et de l'Europe.

Emanuel Macron n'est pas encore président... pas encore... il a encore temps de se reprendre et de réviser ses promesses qui n'ont pas d'autre objet que d'attirer à lui le vote des classe moyennes, les plus assujeties à la taxe d'habitation. Cela porte un nom : démagogie.

Merci à qui pourra porter mon point de vue jusqu'à lui.

Jérôme Dufay, plasticien

 

Powered by Artmajeur